Grossir : Ce que j'ai vécu !

On m’a fait la réflexion de ne pas beaucoup avoir évoqué l’aspect mental de la prise de masse, les moments difficiles et les moments de grande motivation. Je n’en ai pas vraiment parlé car je ne sais pas vraiment comment aborder le sujet. Je vais essayer de commencer par le début et ça viendra peut être.

Ce que j'ai vécu : Partie 1

Donc au départ j’ai surfé sur une vague de motivation, je ne sais pas pourquoi mais à ce moment là c’était comme si mon estomac était un puit sans fond. Ca m’a permis de me gaver comme une oie. Je dirais que le fait d’en parler sur le net avec d’autres personnes motivées m’a aussi bien boosté.

Mais j’avais déja ressenti cela, une fois, quelques années auparavant. Alors que j’étais seul dans un petit appartement étudiant, je me suis tout d’un coup découvert une voracité qui m’était étrangère et je me suis mis à manger, manger, manger. Je me levais et je me faisais du bacon, des oeufs, du fromage… Le midi c’était 2 steaks et une platrée de pâtes etc. Le soir, je faisais de l’exercice.

Mais cette fois là, ma voracité s’en est allée comme elle était venue. Sans doute à cause du retour chez mes parents le weekend, ça me faisait une coupure. Pourtant, pour ma prise de masse, j’ai continué à manger, la source de motivation ne s’est pas tarie. Je suppose que j’ai de la chance.

Je suppose que ceux qui me liront ne seront pas surpris que je dise que je faisais des allez-retour devant le miroir pour voir si un muscle ne me poussait pas par ici ou par là. Je ne dois pas être le seul à l’avoir fait. D’ailleurs, c’est un réflexe que j’ai toujours et qui me permet d’évaluer mes progrès.

Le piège c’est que pour les dix premiers kilos, je n’ai pas vu de différence. A force de se regarder, on ne voit aucun changement. Là où je me suis aperçu que j’avais changé, c’est lorsque j’ai découvert que j’avais des pectoraux! Avant je n’avais presque que de la peau tendue sur la cage thoracique, donc quand j’ai vu deux reliefs se dessiner en baissant la tête et en regardant mon torse, ça a été la révélation. Les muscles étaient enfin arrivés!

La deuxième révélation, ce fut lorsque j’ai dû changer toute ma garde-robe. J’ai été obligé de racheter des pantalons, des T-shirts et des pulls car tout cela commençait à me serrer. Au départ, je faisais du 36-38 en pantalon et je serrais bien la ceinture. Dorénavant je peux mettre du 40-42 en ne serrant pas trop la ceinture. J’en ai bien sûr profité pour m’acheter des vêtements plus proche du corps, moins larges pour être plus dessiné. Je prenais confiance en moi.

Julien

La troisième révélation a tardé à venir. D’abord parce que je ne voyais pas beaucoup ma famille, mais aussi parce qu’au final les gens ne font pas forcément les réflexions quand on les espère. Et puis, habillé, les résultats sont aussi moins flagrants, surtout en hiver ou en automne. Mais les réflexions sont arrivées au bout d’un moment. On m’a dit que j’avais pris, que ça m’allait bien, certaines femmes ont dit à leurs petits copains qu’ils devraient eux aussi faire de la musculation, etc. C’est sûr que ça fait plaisir.

Une fois toutes ces belles révélations passées, il n’y a pas eu grand chose d’autre. On voudrait que ça continue, mais au final, une fois le changement effectué les gens ne vont pas continuer à s’exclamer : « ouah, tu as grossis ! ».

Non, ce fut plutôt moi qui le dit : « Ouah, j’ai grossis ! ». Et oui, en regardant mon ventre, comme j’avais regardé mes pectoraux, il y avait aussi du relief. J’avais pris du gras à cet endroit et j’ai commencé à ne plus voir que ça.

Ce que j'ai vécu : Partie 2

Donc voilà, j’avais grossi, j’en étais content, mais la graisse de mon ventre commençait à devenir une obsession. D’ailleurs c’est sûrement à cause de ça que j’ai freiné sur la prise de masse. Quand je regarde les photos de fin de prise de masse, je vois un maigre avec des reliefs que fait la graisse sur son corps. C’est un peu étrange.

Ce fut une période un peu plus difficile. En plus d’une formation qui était à une heure de route, je devais gérer une alimentation de sèche alors que je ne m’y connaissais pas beaucoup. J’étais fatigué, je m’endormais en conduisant. Il est arrivé un moment où je ne faisais plus de musculation le soir en rentrant chez moi, à la place, je dormais. Autant dire que ce n’était pas la forme.

Le pire dans tout ça, c’est la peur de me remettre à maigrir. D’un côté il y avait cette obsession pour mon ventre, de l’autre la peur de perdre mes kilos. C’est très dur à vivre. Ca m’a amené à faire un peu le yoyo pendant un petit moment, un coup je perdais des kilos, un coup j’en reprenais.

Au bout d’un moment je me suis pris en main, j’ai décidé d’aller au bout. Au départ, je mangeais peu mais j’allais à la caféteria le midi. Quand j’ai vu que ça ne donnait rien j’ai arrêté la caféteria et j’ai mangé dans mon coin. Et je me suis mis à manger vraiment trop peu. Et puis il y a eu des vacances, je suis parti en Provence. Et j’ai fait quelque chose que je regrette amèrement aujourd’hui : j’ai continué à me priver et à suivre mon régime. Alors au lieu d’apprécier les petits déjeuners avec spécialités provençale qu’on me servait tous les matins, je me suis restreint. Un vrai gâchis.

Durant cette période j’ai aussi pris un « Fat Burner », un produit brûleur de graisse en plus de ma diète hyper stricte. Résultat des courses : Hypoglycémie pendant les vacances. Imaginez-vous faire une petite visite de chateau moyennageux avec la tête qui tourne.

Maintenant je ne referais pas cette erreur. Si je pars en vacances en pleine sèche, je me surveillerais mais je me ferais tout de même plaisir. Ca ne peut pas nuire à ma sèche si ça ne dure pas. Durant ces vacances, j’étais tout de même moins fatigué que lorsque j’allais en formation ce qui m’a permis de me remettre plus sérieusement à la musculation. Je faisais des abdominaux matin et soir, mais pour le reste mes performances étaient en chute libre. Bref, c’était dur.

Je crois que cette période m’a un peu ouvert les yeux (pas assez) sur le fait que faire une prise de masse ce n’est pas simplement prendre du poids. En tout cas, plus pour moi. Peut être que c’est simplement mon objectif qui a changé. Au départ, je voulais simplement grossir et puis après je voulais surtout prendre du muscle. C’est vrai qu’au début, le résultat de la balance était vraiment ce qui comptait. Maintenant, le reflet du miroir et les performances comptent beaucoup plus… Même si la balance a toujours sa place.

Prendre autant de poids en si peu de temps ça m’a motivé, mais c’était aussi un peu idiot car j’ai dû en reperdre beaucoup pour éliminer la graisse alors que si j’avais fait ça plus lentement il y en aurait eu moins. C’est sur ces pensées que j’ai commencé à peaufiner un plan pour une nouvelle prise de masse. Rien que le fait d’y penser m’enthousiasmait.

Ce que j'ai vécu : Partie 3

Avant de commencer ma nouvelle prise de masse, j’ai crée tout un plan alimentaire sous Excel, ce que je n’avais pas fait auparavant. C’était super intéressant et ça m’a apporté pas mal de motivation. Et avec cela j’étais sûr de prendre du poids. J’avais décidé de prendre du poids moins rapidement. Au lieu des 2 kilos par semaine de ma précédente prise de masse, j’avais fixé mon objectif à 1 kilo par semaine. Et j’ai réussi avec une certaine facilité.

A cette époque, j’avais trouvé un boulot. Je me levais à 5h45 et je revenais chez moi vers 18h00. J’ai donc dû m’organiser pour suivre mon plan alimentaire au travail, en préparant des shakers et du pain maison. J’avais opté pour un gainer du commerce que je mélangeais à d’autres ingrédients. Ca me permettait de mettre moins de gainer et donc de faire durer le pot. En pleine prise de masse (ne riez pas!), il me fallait aller au toilette toutes les 3 heures… C’était plutot gênant, mais bon, ce sont les inconvénients d’une alimentation hypercalorique.

J’ai essayé de varier un peu les menus chaque semaine mais ça tournait un peu toujours autour de la même chose : céréales complètes, jambon de dinde, thon… Je mangeais froid et c’était un peu dur de préparer autre chose. J’ai finit par être dégouté de certains aliments que je ne mange presque plus maintenant. Sans doute que ça reviendra. A noter aussi que les céréales complètes ne font pas bon effet sur mon transit intestinal. Cette période a eu des bons et mauvais côtés, j’ai repris une vie active, je me suis mis à la boxe française, mais le boulot me fatiguait et l’ambiance, qui y était pesante, ne favorisait pas mon bien-être.

Une chose notable c’est que j’ai arrêté le traitement d’antidepresseurs à ce moment là. Le sevrage a été assez horrible et j’ai passé une semaine d’enfer. En outre, je suis intimement persuadé que cette semaine là je n’ai pris que de la graisse.

Je regrette une chose, c’est de ne pas m’être entrainé à fond dans le domaine de la musculation à ce moment là. La prise de masse me fatiguait et j’étais plus lourd, j’avais donc du mal à bien progresser alors qu’en principe c’est en prise de masse qu’on progresse le plus.

C’est une chose récurrente chez moi qu’il faut que j’essaye de changer : au moment où je fais une prise de masse, je devrais me donner à fond, et pourtant c’est le contraire qui se passe. Et à l’inverse, au moment de la sèche, j’ai des moments où je suis hyper en forme et je vais au bout.

En réalité, j’ai encore compris une chose à la fin de cette période. J’avais encore pris du poids trop rapidement. En effet, en prenant 1 kilo par semaine, j’accumule encore trop de graisse et mes performances s’en ressentent, mon tonus aussi. Alors que lors d’une prise de masse, si l’on gagne majoritairement du muscle on devrait exploser ses performances. En faisant comme je l’ai fait, on prend plus de graisse que de muscle et les muscles supplémentaires ne sont pas suffisants pour soulever la graisse supplémentaire. Donc encore une fois : la prochaine fois j’irais encore plus lentement. Je dirais 500g par semaine maximum.

Au final, je suis monté un peu au dessus de 78 kilos ce qui était la limite de ma précédente prise de masse. Donc on pourrait se dire que je suis revenu au point de départ de ma précédente sèche. Mais au vu des photos, je me rends compte que mon corps s’est harmonisé et que j’ai tout de même pris du muscle. Je n’ai pas fait tout ça pour rien. Mais je suis encore loin de mon objectif de 85 kilos sec et il va me falloir gagner en endurance car dès que je suis plus lourd je m’essoufle trop. Voilà, fort de ces résultats, je me suis lancé dans une deuxième sèche.

Ce que j'ai vécu : Partie 4

Comme pour la prise de masse précédente, j’avais prévu un plan diète pour ma sèche. Ce que j’ai fait assez simplement, c’est diminuer mes apports surtout au niveau des collations et du soir. J’ai gardé un bon petit déjeuner et un repas de midi assez copieux. J’ai perdu progressivement du poids. Et ironiquement je me suis donné à fond dans la musculation à ce moment alors qu’il était presque sûr que je n’y gagnerais pas de muscle.

Tout s’est assez bien passé jusqu’à ce que le boulot me pourrisse la vie. J’ai d’ailleur fini par démissionner. En ajoutant à cela un déménagement plutôt difficile à gérer, cela a produit sur moi un sale effet. Le moral n’était pas au beau fixe, la diète était un peu menée n’importe comment, j’ai donc décidé de stopper et revenir à une alimentation normale. Côté musculation et boxe, j’étais beaucoup moins régulier. Bref, une période un peu nulle.

J’ai passé peut être un mois à stagner et j’ai repris un peu de poids. C’est assez étonnant car avant tout cela, je ne prenais jamais de poids, et maintenant si je me laisse aller, je prends du poids. Comme quoi, j’ai réellement changé d’hygiène alimentaire et je mange vraiment plus qu’avant. Il y a aussi l’âge qui doit jouer. En étant adolescent mon corps fonctionnait à son maximum, maintenant que j’ai 24 ans, mon organisme doit être déjà un peu moins performant.

Bref, je me suis remis à la sèche il y a une semaine. J’ai peur, encore une fois, de perdre trop de poids et trop de muscles. J’aurais pu tout simplement attendre un peu, refaire une prise de masse et ensuite refaire une sèche. Mais je veux repartir sur une base saine et passer l’été avec le moins de gras possible. Pour l’instant tout se passe bien, j’ai déja un peu perdu. J’ai modifié un peu mon entraînement et je me donne à fond.

J’espere atteindre un jour mon objectif de 85 kilos sec, je sens que ça va être de plus en plus dur.

Commentaires

Par Arnaud le 20/05/2008

Encore une fois, il y a une grande similitude entre ton parcours et le mien ! Le miroir, trop se regarder et ne pas voir les progrès, le coup des pectoraux, et les amis qui encouragent avec des remarques sincères et justes. Je ne parle même pas de mes jeans qui me serrent à mort ! Ou bien encore les manches de mes t-shirt ou polo qui commencent à se remplir tout doucement. Pleins de petites choses comme ça qui font énormément de bien.

Par Julien le 20/05/2008

Oui c’est sur que ça fait plaisir, c’est un peu la récompense à tant d’effort !

Cliquez ici pour afficher tous les commentaires

Par Laury le 28/08/2009

Salut ! J’ai grossi, mais il y a un petit ventre qui est venu avec. Est-ce que manger moins risque de faire partir les muscles ?

Par Julien le 28/08/2009

Salut ! Tu dois baisser progressivement tes apports en glucides et en graisses tout en gardant une certaine quantité de bons lipides. Et tu dois aussi apporter à ton corps assez de protéines durant ta diète pour protéger ta masse musculaire. Si tu n’en fais pas déjà je te conseille de pratiquer la musculation pour stimuler tes muscles et les empêcher de fondre. Tu peux aussi pratiquer des entrainements cardio pour favoriser la perte de graisse. En principe, si tu gères ta diète progressivement, tu devrais éviter de perdre trop de muscle. Tu en perdras sans doute un peu, c’est normal mais tu devrais vite les récupérer par la suite si tu reprends une bonne alimentation et que tu continues de faire de l’exercice.

Par Andclone le 09/05/2010

Salut! Moi je suis une fille de 20 ans et j’ai beaucoup maigri suite à un surentrainement et privation pour être la plus parfaite et performante possible. Bref, un peu la situation que tu décris là :) Aujourd’hui j’en ai marre, je veux reprendre (j’ai diminué le cardio) et je fais pas mal de musculation en salle. J’ai encore plus sculpté tout ça mais sans grossir :/ Alors j’ai vraiment doublé les pâtes complètes en plus de ma viande, mes légumes habituels et j’ai ajouté une cuillère à soupe d’huile d'olive ; je n’en mettais plus. Je savais que c’était mal, mais tellement peur de pas faire assez de sport et de mal grossir :/ Justement, aujourd’hui j’ai toujours cette même phobie que toi ; je me retrouve un peu… mal grossir. Je mange sain mais j’ai peur de trop prendre en quantité ,trop faire de collations, je compte le morceau de pain prés ! J’ai toujours mes réflexes d’anorexique sportive (alimentation restrictive et trop de sport). Si tu pouvais m’aider, j’en serais ravie :) Merci.

Par Julien le 11/05/2010

Salut ! Si tu as peur de « mal grossir », ce que je te conseille pour l’instant c’est d’augmenter progressivement tes quantités et d’observer le résultat. Si tu vois que ça ne bouge pas, tu augmentes encore un peu. Et quand tu vois que tu commences à prendre doucement du poids, tu gardes la diète tel qu’elle est. Comme ça tu seras sur de ne pas prendre de poids trop vite. Tu peux aussi surveiller tes mensurations du ventre, cuisse et hanches. Comme ce sont souvent les zones qui emmagasinent la graisse le plus vite, tu pourras ainsi observer si ces mensurations augmentent trop vite. Si c’est le cas, tu peux ralentir un peu ton alimentation. Par contre, essaye d’éviter de te peser et de prendre tes mensurations trop souvent. Une fois par semaine c’est déjà bien. Car si tu les prends trop souvent, tu vas encore plus complexer et te stresser. En plus, ces mesures peuvent varier d’un jour à l’autre, donc ça ne sert à rien de les prendre chaque jour. Il faut plutôt voir ça dans la longueur. Voila à bientôt!